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Crème solaire et pollution marine : ce que cache une journée d'été à la plage

Crème solaire et pollution marine : ce que cache une journée d'été à la plage

 

 

Crème solaire et pollution marine : ce que cache une journée d'été à la plage

Une journée d'été qui laisse des traces invisibles

 

Les grosses chaleur et les sorties à la mer se font de plus en plus nombreuses. Si l’on n’oublie pas sa crème solaire c’est l’image d’un été réussi.

 

Et pourtant, ce rituel en apparence anodin pourrait avoir des effets bien plus lourds qu’on ne l’imagine sur les écosystèmes marins.

 

Chaque été, ce sont des tonnes de crème solaire qui se dilue dans les eaux de baignade, emportant avec elles des filtres chimiques qui n’ont rien d’inoffensif pour notre environnement.

 

À chaque bain de mer, une partie des produits appliqués sur la peau, se diluent dans l’eau. Et cette crème, si utile pour notre santé, devient un véritable cocktail chimique pour les fonds marins.

 

Certaines plages touristiques très fréquentées enregistrent des concentrations préoccupantes de résidus de filtres UV dans l’eau, avec des conséquences directes sur la faune et la flore marine.

 

Crèmes solaires et filtres UV : une menace silencieuse pour les coraux

Plusieurs études scientifiques pointent du doigt des substances telles que l’oxybenzone, l’octinoxate ou encore le benzophénone.

 

Ce sont des filtres UV, très présents dans les crèmes solaires conventionnelles, qui sont accusés de provoquer des dommages cellulaires chez les coraux, allant jusqu’au blanchiment et à la mort de certains récifs coralliens.

 

a href="https://www.anses.fr/fr/content/filtres-uv-dans-les-cosmétiques-quels-risques-pour-l’environnement" t" r">L"Agence nationale de sécurité sanitaire (ANSES), dans une note de 2022, a identifié ces composés comme préoccupants pour l’environnement.

 

Les coraux ne sont pas les seuls touchés. Ces composants affectent aussi les mollusques, les poissons, les algues… en perturbant parfois leurs fonctions hormonales ou reproductives.

 

Et comme ces substances sont bioaccumulables, elles s’invitent dans toute la chaîne alimentaire marine.

 

Une pollution qui dépasse les zones de baignade

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, cette pollution ne se limite pas aux lieux très touristiques.

 

Une étude de l’Université de Bretagne Occidentale a détecté des traces de filtres UV jusqu’à plusieurs kilomètres au large.

 

On retrouve également ces molécules dans les sédiments marins, mais aussi dans certains échantillons d’eau douce, preuve que les rivières, canaux et lacs ne sont pas épargnés.

 

Une fois rincés à la maison, les restes de crème passent dans les eaux usées.

 

Et si les stations d’épuration traitent bien une grande partie des polluants classiques, elles ne sont pas conçues pour filtrer intégralement les résidus cosmétiques.

 

Ces micropolluants s’infiltrent donc dans les eaux douces, puis rejoignent les estuaires, les littoraux… et l’océan.

 

Et ce qui est vrai pour la mer l’est aussi pour les eaux douces : lacs, rivières, canaux.

 

Les molécules issues des crèmes solaires sont aujourd’hui retrouvées dans des zones où aucun maillot de bain ne trempe, preuve que le problème ne vient pas seulement de la baignade.

 

Les recherches menées ces dernières années révèlent aussi un phénomène préoccupant : certains filtres UV sont dits « pseudo-persistants ».

 

Ils ne disparaissent pas vraiment, même s’ils sont présents en faibles concentrations. En s’accumulant, ils finissent par provoquer des effets toxiques à long terme, notamment sur la reproduction de certaines espèces aquatiques.

 

Sans oublier que l’Homme se nourrit de ces espèces aquatique, qui, elles-mêmes contaminée par ces substance, nous contamine aussi.

 

Il ne s’agit pas de stigmatiser la protection solaire, elle est indispensable pour la santé humaine.

 

Mais il faut comprendre qu’un usage raisonné, associé à des produits plus respectueux de l’environnement, peut faire une vraie différence

 

 

Protéger sa peau sans polluer l’océan : des alternatives simples

 

Face à l’impact écologique bien réel des crèmes solaires traditionnelles, de nouvelles habitudes émergent.

 

Certaines régions du globe, comme Hawaï, les Palaos ou encore certaines îles de Thaïlande, ont pris des décisions fortes : interdire les produits contenant les filtres UV les plus destructeurs pour les récifs.

 

Ces mesures, loin d’être symboliques, ont déjà montré des signes d’amélioration de la qualité des eaux côtières et de la santé des coraux dans certaines zones protégées.

 

En Europe, si la réglementation reste plus souple, de nombreuses marques ont entamé une transition vers des alternatives plus respectueuses.

 

On voit apparaître des crèmes solaires aux filtres minéraux non nano, réputés pour ne pas pénétrer la peau ni perturber la vie marine, ainsi que des formules biodégradables, sans conservateurs controversés ni parabènes.

 

D’autres misent sur des emballages écoresponsables, ou sur des formats solides et rechargeables pour limiter l’usage de plastique.

 

Mais il n’est pas nécessaire d’attendre l’apparition du produit parfait pour changer ses habitudes.

 

Appliquer sa crème 30 minutes avant la baignade permet déjà de limiter sa dilution dans l’eau.

 

Porter un t-shirt anti-UV pendant les heures les plus chaudes, rester à l’ombre entre midi et 16h, choisir des zones de baignade moins sensibles écologiquement…

 

Autant de gestes simples, concrets, à la portée de toutes et tous.

 

Crèmes solaires et rivières : une pollution domestique sous-estimée

Cette pollution ne concerne pas que les zones côtières.

 

En France, selon l’Agence de l’eau Rhône-Méditerranée-Corse, des résidus de filtres UV ont été retrouvés dans plusieurs cours d’eau proches de zones balnéaires et urbaines.

 

Les crèmes solaires s’évacuent aussi dans nos douches, passent par les stations d’épuration qui ne les retiennent que partiellement, et se retrouvent ainsi dans les rivières.

 

Ce que l’on applique sur notre peau ici peut donc se retrouver, des semaines plus tard, dans un cours d’eau, un lac ou au large, et au final dans vos robinet. L’impact est diffus, mais bien réel.

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