Le blog de l'eau par TnM

réserve d'eau presque vide en nature

Gestion de l'eau en France : les lobbies agricoles menacent-ils nos ressources ? 

 

Gestion de l'eau en France : les lobbies agricoles menacent-ils nos ressources ? 

Les réserves d’eau potable mondiale s’amenuisent. Face à ce combat, voici quelques solutions pour préserver notre eau.

 

Le 22 mars, c'est la journée mondiale de l'eau, une occasion de rappeler l'importance de cette ressource vitale et de réfléchir à sa gestion durable.

 

En France, l'eau est un bien précieux, mais son utilisation et sa gestion soulèvent des questions cruciales, notamment face au dérèglement climatique, pression croissante sur les ressources.

 

Dans cet article, nous explorons l'état des ressources en eau en France, les défis de leur gestion, et les solutions pour préserver cette ressource essentielle.

 

Les ressources en eau en France : un trésor sous pression

La France dispose d’importantes ressources en eau, avec des fleuves, des nappes phréatiques et des lacs qui alimentent le pays. Pourtant, ces ressources sont loin d’être inépuisables. Selon un rapport de France Stratégie publié en 2025, les tensions sur l'eau, déjà importantes, pourraient s'intensifier d'ici 2050, avec une demande en irrigation qui pourrait doubler.

 

Il faut savoir qu’aujourd’hui l'agriculture consomme 46 % de l'eau distribuée en France chaque année, principalement pour l'irrigation.

 

Les cultures intensives, comme le maïs, représentent une part importante de cette consommation, notamment en période estivale, lorsque les ressources sont les plus faibles.

 

La culture intensive est aussi responsable en très grande partie de la pollution des eaux de surface : Les cours d'eau et les lacs sont constamment pollués par les pesticides. En 2023, 40 % des cours d'eau en France étaient considérés comme étant en mauvais état écologique, principalement à cause des pollutions agricoles (pesticides, nitrates) et industrielles (PFAS).

 

Les nappes phréatiques, qui fournissent une grande partie de l'eau potable, sont de plus en plus sollicitées et parfois surexploitées. Dans certaines régions, comme le bassin parisien, les niveaux des nappes phréatiques sont en baisse constante. Selon le BRGM (Bureau de Recherches Géologiques et Minières), près de 30 % des nappes sont en situation de surexploitation, ce qui menace leur renouvellement à long terme.

 

Ces dernières années, la France a connu des épisodes de sécheresse de plus en plus fréquents et intenses. En 2022, près de 90 départements ont été concernés par des restrictions d'eau, affectant aussi bien l'agriculture que l'approvisionnement en eau potable.

 

Ces chiffres montrent que la gestion de l'eau doit évoluer pour répondre aux défis climatiques et préserver les écosystèmes aquatiques.

 

Organisation bassin versant.

 

Dysfonctionnement de la gestion de l’eau : les lobbies font pression

Les lobbies agricoles qui font pression et l'État complice ?

 

Le modèle français de gestion de l'eau, basé sur les bassins versants (zone géographique pour les ressources en eau) et les Agences de l'eau (qui s’occupent des bassins versants), est souvent cité comme un exemple.

 

Pourtant, un rapport de Greenpeace publié en février 2025 révèle des dysfonctionnements majeurs sur cette organisation.

 

Les lobbies agro-industriels, comme la FNSEA (Fédération Nationale des Syndicats d'Exploitants Agricoles), exercent une influence considérable sur les instances de gestion de l'eau, notamment les Commissions Locales de l'Eau (CLE).

 

Ces instances sont chargées de définir les règles de gestion de l'eau à l'échelle locale pour la préservation des ressources. Mais dans les CLE, de nombreux représentants agricoles ont une "double casquette", étant à la fois élus locaux et agriculteurs irrigants (cultivateurs qui dépendent de l'irrigation pour leurs cultures). Cela crée des conflits d'intérêts qui nuisent à la transparence et à l'équité des décisions.

 

Les lobbies eux, défendent une irrigation intensive, souvent au détriment de l'environnement et de l'intérêt général. Par exemple, les mégabassines (de vastes réservoirs d'eau artificiels destinés à stocker l'eau pour l'irrigation agricole) sont présentées comme une solution, mais elles ne bénéficient qu'à une minorité d'agriculteurs irrigants. Ces mégabassines ne résolvent pas le problème de fond : la surconsommation d'eau.

 

Sur le bassin de la Boutonne, l'objectif d'atteinte des volumes prélevables (quantité d'eau pouvant être prélevée sans nuire aux écosystèmes), initialement fixé à 2015, a été repoussé à 2027. Ces reports successifs permettent de maintenir des prélèvements excessifs, sans limite, au détriment des écosystèmes aquatiques.

 

Certains préfets, représentants de l'État dans les territoires, sous pression pour maintenir la paix sociale, favorisent les intérêts de l'agro-industrie au détriment de la protection des ressources en eau.

 

Les services de l'État, comme l'Office français de la biodiversité (OFB), sont souvent muselés, limitant leur capacité à faire respecter les réglementations environnementales.

 

Ces dysfonctionnements montrent que la gestion de l'eau en France doit être repensée pour mieux protéger cette ressource essentielle.

 

rapport gestion de l'eau par GreenPeace.

 

Les solutions pour préserver l'eau

 

Réduire la consommation d'eau et protéger les écosystèmes aquatiques devrait être une « grande cause nationale » avant de devenir un problème insoluble.

 

Face à ces défis, des solutions existent pour préserver les ressources en eau et garantir leur accès à tous.

 

En agriculture, il est essentiel de promouvoir des pratiques plus sobres, comme l'agroécologie, qui réduit les besoins en irrigation. Les pollutions agricoles sont l'une des principales menaces pour les ressources en eau. Il est essentiel de réduire l'utilisation de pesticides et d'engrais chimiques, et de promouvoir des pratiques agricoles plus respectueuses de l'environnement.

 

Les solutions existent, il ne manque plus que la volonté politique les implémente.

 

Les nappes phréatiques et les cours d'eau doivent être préservés de la pollution et de la surexploitation.

 

Les stations d'épuration jouent un rôle crucial dans la protection des ressources en eau. Il est important de moderniser ces infrastructures pour qu'elles puissent traiter efficacement les polluants émergents, comme les résidus de médicaments ou les microplastiques avant de rejeter l’eau dans la nature.

 

Il est nécessaire d’éduquer les citoyens à changer leurs habitudes de consommation, des gestes simples, comme l'utilisation de systèmes de filtration qui permettent de limiter le gaspillage et la pollution.  Les citoyens ont également un rôle à jouer dans la protection de l'eau. En adoptant des gestes simples comme utiliser des produits d'entretien écologiques ou en réduire l’usage en ayant de l’eau douce, chacun peut contribuer à préserver cette ressource précieuse.

 

Les Agences de l'eau doivent être renforcées et réorganisées pour mieux financer des projets de protection des milieux aquatiques. Les instances de gestion de l'eau, comme les CLE, doivent être plus transparentes et représentatives, en limitant l'influence des lobbies agricoles.

 

 

Pour conclure, la gestion de l'eau en France est à un tournant. Face aux défis climatiques et à la pression croissante sur les ressources, il est essentiel de repenser notre modèle pour garantir un accès équitable et durable à l'eau. Chez TnM, nous sommes fiers de contribuer à cette transition, en proposant des solutions innovantes et en soutenant des initiatives locales.

 

Et vous, comment préservez-vous l'eau au quotidien ?

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